La lecture interprétative – A1, A2

livre2La lecture interprétative est un classique qui permet de travailler la prononciation. La plupart des manuels d’enseignement du français proposent des dialogues qui se prêtent souvent à la lecture en classe.

 


 

Niveaux concernés
Dès A1 / A2 et avec des adaptations pour les niveaux suivants.
Type d’exercice
Lecture prenant en compte un maximum des paramètres de la communication.
Objectifs
Travailler sa prononciation et son expressivité en français de manière motivante.
À connaître
Le dialogue et ses caractéristiques (verbales et si possible extraverbales).
Préparation
D’un cours à l’autre, entraînement personnel à la lecture interprétative et coordination de la « mise en scène » par les groupes d’élèves.
Connexions pédagogiques
Cette activité permet de préparer les apprenants à l’interprétation de saynètes apprises par cœur ou improvisées.

Préparer la lecture interprétative

Les manuels utilisés couramment sont presque toujours doublés d’un support audio, voire d’un support vidéo. Cela permet aux étudiants d’entendre le dialogue avant de le lire, puis dans un second temps de lier le texte écrit à sa version orale et ainsi d’observer les liens graphie/phonie (écriture/prononciation).

Au-delà des questions de prononciation, il est important d’attirer l’attention des élèves sur les intonations expressives (déception, surprise, interrogation, colère, joie…) et les accents de phrase (allongement des finales, restructuration syllabique, équilibre rythmique et découpage des propositions, etc.).

Si vous disposez d’un support vidéo, vous pouvez aussi demander aux élèves quels sont les gestes et les mimiques liés au dialogue.

Lire en se détachant du texte

Ce travail permet de faire dans un second temps une lecture interprétative du texte. De quoi s’agit-il ?

Cette activité consiste à lire les dialogues en essayant d’imiter au plus près les enregistrements étudiés en cours. En plus du travail de prononciation, les élèves doivent donc s’efforcer de reproduire les intonations et, si possible, la gestuelle des personnages afin de s’approprier différentes « manières de parler ».

Pour rendre cette activité aussi ludique et efficace que possible, les apprenants peuvent interpréter la scène devant le reste de la classe, avec l’appui de leur livre, afin de rendre compte le mieux possible de l’enregistrement. Si votre manuel ne propose pas de support vidéo, à charge aux élèves d’imaginer un contexte, des déplacements et une gestuelle réalistes. Cela vous permet de vérifier que tous les points du texte ont bien été compris.

Optimiser l’activité

Cette activité permet de détourner un exercice classique et parfois ennuyeux tout en conservant ses apports pédagogiques en matière d’entraînement à la prononciation.

Pour que le résultat soit intéressant, il est préférable de laisser du temps aux apprenants pour qu’ils s’entraînent et se coordonnent entre eux dans la « mise en scène » (par exemple en étudiant le dialogue lors d’un cours et en donnant la lecture interprétative à travailler pour le cours suivant).

Adapter l’activité à une classe nombreuse

Si vous avez une classe nombreuse, mieux vaut-il peut-être éviter de donner le même texte à chaque petit groupe car le rendu en classe risque d’être très long et assez rébarbatif. Vous pouvez à la place faire un travail de lecture plus habituel avec l’ensemble des élèves pour chacun des dialogues et en parallèle faire intervenir en lecture interprétative un petit groupe par texte. Ainsi, les élèves interprètent des dialogues différents. Cette organisation devrait donner lieu à une émulation plus saine qu’une concurrence directe entre étudiants sur le même texte.

Adapter l’activité au public avancé ou adulte

Si vous avez des apprenants de niveau intermédiaire ou avancé ou bien d’âge grand adolescent ou adulte, il est possible d’adapter cette activité en leur proposant dans un premier temps d’imiter le dialogue puis d’approfondir le travail en détournant le texte de son style initial.

Ainsi, un dialogue un peu plat pourrait être surjoué en forçant les exclamations, les allongements de finale ou encore les mimiques et la gestuelle. Autre exemple : une situation amusante ou heureuse peut être rendue dans un style tragique (et inversement, une scène triste ou tendue serait détournée en comédie). Cela passe notamment par un travail de l’extraverbal, qui permet de rendre antagonistes les paroles et les actes : un discours heureux servi par un personnage complètement abattu, de mauvaises nouvelles annoncées avec hilarité…

Ce travail de décalage permet de se détacher du simple niveau de l’imitation et de faire des élèves les auteurs de leur interprétation. Cela permet aussi de prendre de la distance avec des textes auxquels les étudiants ont parfois du mal à s’identifier.

Des variantes

  • Travailler à partir d’un autre manuel.
  • Étudier une séquence de film ou de pièce de théâtre et travailler à partir du scénario ou de la pièce.

 

Rédaction : Elodie Ressouches